dimanche 9 décembre 2007

"le poisson-scorpion" de nicolas bouvier

le livre, l'objet, porte déja une belle histoire : refusé de rachat par Gibert, sa propriétaire, une femme avec qui j'avais discuté de nicolas bouvier dans le magasin, me rattrapa pour me l'offrir ; "il vous plaira, je préfère vous le donner, ils n'en veulent pas et, de toute façon, je l'ai lu, moi". Elle avait raison. Il m'a forcément plu.

"On ne voyage pas pour se garnir d'exotisme et d'anecdotes comme un sapin de Noël, mais pour que la route vous plume, vous rince, vous essore, vous rende comme ces serviettes élimées par les lessives qu'on vous tend avec un éclat de savon dans les bordels. On s'en va loin des alibis ou des malédictions natales, et dans chaque ballot crasseux coltiné dans des salles d'attente archibondées, sur de petits quais de gare atterrants de chaleur et de misère, ce qu'on voit passer c'est son propre cercueil. Sans ce détachement et cette transparence, comment espérer faire voir ce qu'on a vu ? Devenir reflet, écho, courant d'air, invité muet au petit bout de la table avant de piper mot." Nicolas Bouvier, 1955.

Mail-art format 20 x 28 cm, pastels, crayons de couleur, graphite. Trois timbres.

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